Profil territorial
Municipalités
L'occupation humaine du territoire de la MRC de
Caniapiscau se limite à deux municipalités, soit Schefferville
et Fermont, de même qu'à deux communautés autochtones,
soit la Nation naskapie de Kawawachikamach et la Nation innue de
Matimekush-Lac-John. Les deux municipalités de la MRC ne
sont rattachées par aucune route. La distance qui les sépare,
à vol d'oiseau, est d'environ 250 km.
On
peut facilement diviser la MRC en deux sous-régions tellement
il existe de différences entre les populations des secteurs
sud (Fermont) et nord (Schefferville) de la MRC. En ce qui concerne
le secteur sud, on retrouve une population qui évolue en
fonction du rythme relativement fluctuant des activités minières,
tandis que le secteur nord, suite à l'arrêt des opérations
d'extraction de la Compagnie minière Iron Ore (IOC), survit
grâce aux activités de pourvoiries et à la présence
des deux communautés autochtones.
Considérant ce patron d'occupation, on ne
peut convenir d'un seul centre de masse à l'échelle
de la MRC dans le but d'optimiser les ressources pouvant être
à la portée de l'ensemble de la population de la MRC.
Territoires
Les territoires non organisés (TNO) de la
MRC de Caniapiscau se divisent en quatre parties. Le TNO de Rivière-Mouchalagane
couvre la partie sud de la MRC; celui de Caniapiscau, la partie
nord-ouest; le TNO du Lac-Vacher est situé au nord de Schefferville
et enfin, celui du Lac-Juillet couvre une partie enclavée
au nord-est du territoire.
Utilisées principalement à l'exploitation
des ressources naturelles (mines, pourvoiries, aménagements
hydroélectriques), ces terres publiques accueillent également
les différentes activités récréo-touristiques
des populations résidentes et des touristes (villégiature,
chasse, pêche, etc.) Trois réservoirs
hydroélectriques existants (réservoir Manicouagan,
Petit Le Manicouagan et réservoir Caniapiscau) utilisent
d'ores et déjà une bonne superficie du territoire.
Le réservoir Sainte-Marguerite-3 vient lui aussi accaparer
une partie des terres, au sud-est de la MRC. Dans
l'éventualité où Hydro-Québec poursuivrait
dans son intention de détourner le cours des rivières
Carheil et aux Pékans pour accroître l'apport d'eau,
il y aurait alors la création de deux autres réservoirs
pour alimenter la centrale hydroélectrique SM-3. À
l'heure actuelle, les réservoirs existants, incluant celui
de SM-3, couvrent une superficie approximative de 4 554 km²,
soit 5,62% de la superficie totale du territoire.
En ce qui concerne les mines, outre les gravières
et les sablières, un seul territoire à l'intérieur
des territoires non organisés est réservé à
cette activité. Il s'agit du territoire englobant le gîte
de graphite qui pourrait éventuellement être exploité
par la Compagnie minière Mazarin. D'autres
découvertes importantes ont permis de confirmer le potentiel
minier des territoires non organisés. De la silice, de la
dolomie, du kiénite, du cuivre et du nickel sont présents
en quantité suffisante pour justifier une exploitation. On
décèle également des indices importants qui
supposent la présence du diamant.
On
recense sur le territoire 28 emplacements sous bail à des
fins de pourvoiries sans droits exclusifs. Ceux-ci sont surtout
concentrés entre le nord-ouest de la Ville de Fermont et
le sud du réservoir Caniapiscau. On dénombre également
deux pourvoiries à droits exclusifs situées dans le
sud-ouest de la MRC. Il faut toutefois noter que plus de la moitié
du territoire de la MRC est régie par les Conventions de
la Baie-James et du Nord du Québec et que l'émission
des baux de pourvoiries est régie entre autres par les ententes
entre les ministères concernés (ministère des
Ressources naturelles et la FAPAQ) et les nations autochtones.
Des chalets de villégiature sont disséminés
un peu partout sur le territoire et quelques sites sont utilisés
de façon plus marquée. Il s'agit des lacs Audet et
Barbel, près de l'ancienne Ville de Gagnon, la partie sud
du lac Carheil, près de la Ville de Fermont. Il en va aussi
des plans d'eau situés à proximité de la Ville
de Schefferville. Le ministère des Ressources naturelles
recensait, en septembre 2001, 432 baux de villégiature dont
95% se trouvent dans la partie située entre les deux réservoirs
de la MRC. Quelques activités de tourisme d'aventure (ski
de randonnée, trecking, etc.) sont exploitées dans
le secteur des Monts Groulx.
Localisation
La MRC de Caniapiscau est localisée au nord-est
du Québec. Elle est bornée à l'est par la frontière
du Labrador, au nord par le territoire de l'administration Kativik,
à l'ouest par la MRC du Fjord-du-Saguenay et au sud par les
MRC de Sept-Rivières et de Manicouagan. Le
territoire de la MRC couvre une superficie de plus de 81 000 km².
Elle est ainsi la deuxième plus grande MRC en superficie.
De par sa localisation entre le 51e et le 55e
parallèle, celle-ci a également comme caractéristique
d'être la MRC située la plus au nord du Québec.
Tableau 1: Milieux urbanisés
| Milieux urbanisés |
Superficie (km2) |
Ville de Fermont
Ville de Schefferville
Kawawachikamach
Matimekosh
Lac-John |
497.50
39.01
326.34
0.16
0.24
|
| Total |
863.25 |
Les milieux urbanisés, constitués
de la Ville de Fermont, de la Ville de Schefferville et de trois
réserves autochtones situées en périphérie
de cette dernière, occupent une superficie de 863.25 km²
soit, 1% de la superficie de la MRC.
La Ville de Schefferville
Localisée
à la limite nord de la MRC de Caniapiscau, soit au parallèle
54°48', Schefferville est la première-née des
villes du territoire. Formée en 1955 pour servir de base
de main-d'oeuvre à la Compagnie minière IOC, sa phase
de croissance s'est poursuivie jusque dans les années soixante-dix.
En 1982, la Compagnie minière IOC cesse
ses activités à Schefferville et centralise ses opérations
à Labrador City, entraînant l'exode de la majeure partie
de la population et laissant la Ville presque vide et abandonnée.
De 3 270 habitants qu'elle était en 1980, la fermeture de
la minière fait chuter la population allochtone à
environ 250 habitants. Seules les activités de pourvoiries
opérées à partir du lac Squaw (chasse au caribou
et pêche au saumon de la rivière Georges) et la distribution
de services aux différentes communautés en place (allochtones
et autochtones) fournissent des emplois aux citoyens qui y demeurent.
La Ville de Fermont
Construite
en 1973-1974 pour les besoins d'exploitation du gisement ferreux
du Mont-Wright par la Compagnie minière Québec Cartier.
Le territoire municipal proprement dit s'étend
sur une superficie approximative de 497 km². Il comprend les
cantons de Normanville, de Lislois, une partie des cantons de St-Castin
et de Basset (au sud). La province de Terre-Neuve-Labrador joue
un rôle limitrophe car sa limite coïncide avec celle
de la municipalité (du nord-ouest au sud-est).
Aussi,
les villes de Wabush et de Labrador City, situées à
une trentaine de kilomètres de Fermont, sont accessibles
par l'entremise de la route 389, soit la Trans-Québec-Labrador.
La présence de ces localités, quoique légiférées
par la province de Terre-Neuve-Labrador, diminue le sentiment d'isolement
et assure, de par leur poids démographique, une diversité
de commerces et de services à la population de Fermont.
Démographie
La MRC de Caniapiscau intervient auprès
de municipalités qui ont été créées
par des compagnies minières comme base de main-d'oeuvre pour
l'exploitation de la ressource première. De par leur statut
de ville mono-industrielle, ces localités font de la MRC
un territoire en constante évolution, et ici, évolution
ne signifie pas progression. Rappelons l'enterrement de la
Ville de Gagnon, la survie de la Ville de Schefferville et les périodes
d'arrêts de production succédées de reprise
économique de la Compagnie minière Québec Cartier
à Fermont.
Les variations des populations allochtones sont
conditionnées par l'évolution des activités
minières et donc, par les impératifs du marché
de transformation et de ses crises économiques tandis que
celles des populations autochtones sont reliées à
un taux de fécondité élevé.
Selon les données de l'Institut de la statistique
du Québec, relevées au tableau ci-dessous, nous constatons
que la population de la MRC reste assez stable depuis 1986. Cette
stabilité, durement acquise, fait suite à l'arrêt
des activités d'exploitation de la minière IOC à
Schefferville (1982) et à la fermeture de la Ville de Gagnon
(1985).
Données de population, MRC de Caniapiscau, en date du 1er juillet de 1981 à 2002
| Localités |
1981 |
1986 |
1991 |
1996 |
2001 |
2002 |
| Fermont |
4 216 |
3 592 |
3 735 |
3 288 |
3 003 |
2 763 |
| Schefferville |
1 997 |
322 |
303 |
281 |
285 |
281 |
| Gagnon |
3 402 |
4 |
0 |
0 |
0 |
0 |
| Matimekush Lac-John |
757 |
395 |
389 |
448 |
458 |
452 |
| Kawawachikamach |
n.d. |
354 |
405 |
491 |
569 |
590 |
| Total |
10 372 |
4 667 |
4 832 |
4 508 |
4 315 |
4 086 |
Ses groupes d'âges
Selon une compilation réalisée par
la firme Compusearch, pour les besoins de la Corporation de développement
économique de Caniapiscau et la MRC en février
1998, on constate que la strate de population des 30-54 ans représente
la proportion la plus élevée de la population fermontoise
alors que chez la population de Schefferville, les couches 0-19
ans ainsi que 25-39 ans représentent la plus forte partie
de la population.
En 1996, la population allochtone âgée
de 0-19 ans correspondait à 32% comparativement à
26% à l'échelle de la province. En ce qui concerne
la population âgée de 20 à 65 ans, pour la même
année, celle-ci atteignait 67% comparativement à 62%
pour le Québec. Finalement, la population âgée
de 65 ans et plus arrive à peine à 0,8%, ce qui constitue
la démarcation la plus importante, lorsque pour la province
le même groupe d'âge atteint 12%.
Ainsi, selon Statistique Canada, la moyenne
d'âge de la population allochtone de la MRC, en 1996, était
de 28,7 ans comparativement à 36,3 ans pour la province.
Le tableau suivant relève les projections
démographiques selon le taux de croissance établi
d'après les cinq dernières années pour la Ville
de Schefferville et les communautés autochtones et selon
les vingt dernières années pour la Ville de Fermont.
Projection de population
| Localités |
Taux de variation de population en % |
Projection de population |
| 2006 |
2011 |
2016 |
2021 |
| Fermont |
-2.44 |
2 562 |
2 206 |
1 850 |
1 494 |
| Schefferville |
-2.26 |
225 |
197 |
168 |
139 |
| Kawawachikamach |
7.99 |
1 040 |
1 337 |
1 663 |
1 930 |
| Matimekush Lac-John |
4.97 |
743 |
891 |
1 039 |
1 186 |
| Total |
4 570 |
4 631 |
4 690 |
4 749 |
Il est à noter que la Compagnie minière
Québec Cartier se doit d'avoir un bassin de main-d'oeuvre
minimal afin d'assurer la viabilité et la rentabilité
de ses installations, c'est pourquoi les projections de population
nous semblent non réalistes pour la Ville de Fermont.
Statistiques
Voici un aperçu de quelques statistiques
sur la division et/ou subdivision de recensement - localité,
code géographique et statut de la MRC et ce, pour le recensement
de 1996.
Téléchargez les statistiques en format PDF.
Il est à noter que d'autres statistiques seront bientôt disponibles.
Nations autochtones
L'évaluation de la population autochtone
varie selon les sources. Le ministère des Affaires municipales
l'estimait à 6 158 personnes en 1993. Selon le Conseil
Attikamekw - Montagnais, cette population atteindrait plutôt
7 161 personnes dans les huit réserves montagnaises du Québec
et le Conseil des Naskapis évalue à 524 personnes
la population de Kawawachikamach.
Peuples
initialement nomades, les Montagnais et les Naskapis, qui font partie
du territoire de la MRC, sont maintenant sédentarisés,
bien que plusieurs familles fassent encore des séjours prolongés
en forêt. Il faut compter 1 000 km entre la réserve
la plus à l'ouest et celle la plus à l'est. Les réserves
de la Basse-Côte-Nord ne sont accessibles que par la voie
maritime ou aérienne. Celles de Matimekush et de Kawawachikamach
le sont par voie ferroviaire ou aérienne seulement. Les autres
communautés sont reliées à la route.
Leur structure économique repose sur de
petites entreprises familiales et sur la fonction publique au service
des Conseils de bande. Ces derniers fournissent plus de la moitié
des emplois, notamment dans les domaines suivants : éducation,
développement social, administration de la réserve
et du territoire, foresterie et sylviculture. Les petites entreprises
opèrent dans l'artisanat, la construction, le commerce local
et les autres services. On observe l'éclosion récente
de plusieurs entreprises de petite taille dans des domaines variés.
D'ailleurs, il est aussi évident que les activités
pourvoiries ont une place de choix au sein des nations autochtones
de notre territoire.
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